Un peu d'histoire...

 

Carte postale ancienneLES ORIGINES

La Saône, à la fois frontière et voie de communication, a modelé le paysage et gouverné dès l’antiquité l’implantation d’un habitat cherchant les lieux inaccessibles à ses crues, jusqu’à ce que l’homme lui-même, dès la fin du XIIIe siècle, lui ait imposé son cours par ses travaux de génie civil. Le mot « Losne » est utilisé dans toute la basse vallée de la Saône, jusqu’à Lyon inclus, pour désigner les lits secondaires de la rivière, plus ou moins marécageux, séparant des terrains dont les plus élevés accueillent, dès l’antiquité, un peuplement celte d’abord, puis gallo-romain, attiré par les possibilités économiques offertes par la rivière. En face de l'abbaye de Notre-Dame-de-Losne, fondée dès le VIIème siècle, Saint-Jean-de-Losne se construit peu à peu. Dès le XIIe siècle, un pont de bois relie les deux rives de la Saône en s’appuyant sur les îles : la route entre les salines de Franche-Comté et Dijon passe par là et le château de Saint-Jean protège l’entrée du sel en Bourgogne.

LE MOYEN-ÂGE

En juillet 1227, Alix de Vergy, régente de Bourgogne, veuve du duc Eudes III, accorde « aux habitants de son château de Saint-Jean » une charte de franchise qui constitue l’acte de naissance de la commune de Saint-Jean-de-Losne, confirmée par une seconde charte accordée par son fils, Hugues IV, en juillet 1252. 

LA RENAISSANCE ET LE XVIIe SIÈCLE

Au début du XVIe siècle, Saint-Jean-de-Losne est le théâtre d’un événement politique important, puisque c’est là que fut signé, le 8 juillet 1522, le traité de neutralité entre les deux Bourgogne (« La Paix des Dames ») obtenu par Marguerite d’Autriche et garantissant la pérennité du rattachement de la Franche-Comté à l’Empire.
Le « Siège de Saint-Jean-de-Losne » demeure un épisode célèbre de la guerre de 30 ans : après l’échec des français devant Dole, les impériaux, conduits par Gallas, assiègent la ville à partir du 25 octobre 1636. Malgré le bombardement et la brèche ouverte dans les remparts le 30 octobre, les habitants résistent victorieusement jusqu’à ce que les français, ayant à leur tête le Colonel Rantzau, ne viennent enfin le 2 novembre prendre à revers les assiégeants déjà considérablement gênés par la crue de la Saône.
En reconnaissance de cette « Belle Défense », Louis XIII accorda aux habitants, par lettre patente de décembre 1636, une large exemption d’impôts qui fut renouvelée jusqu’à la Révolution.

LE XVIIIe SIÈCLE, LA RÉVOLUTION ET L'ÉPOQUE CONTEMPORAINECroix Légion d'Honneur

La conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, en 1674, enlève à Saint-Jean-de-Losne son rôle militaire et le XVIIIe siècle verra s’écrouler petit à petit les remparts de briques, témoins du siège de 1636. Saint-Jean-de-Losne reste un centre de commerce et d’administration locale. Sous l’Empire, Saint-Jean-de-Losne aura encore l’occasion de se distinguer : en 1814, la ville subi le siège des « coalisés » poursuivant les restes de l’armée de Napoléon ; la ville dut capituler, mais l’Empereur, pendant les Cents-Jours, lui a accordé la Légion d’Honneur, qui figure toujours sur son blason.
Pendant le XIXe siècle, Saint-Jean-de-Losne a tiré sur sa prospérité de la batellerie : située au point de jonction des Canaux de Bourgogne et du Rhône au Rhin avec la Saône, la ville aménage un véritable port fluvial en creusant la « Gare d’Eau » de 1840 à 1848.